Croire au matin !

Il est intéressant de noter que la phrase qui rythme la création, dans le livre de la Genèse, est la suivante : « il y eut un soir, il y’eut un matin. »  La logique aurait voulu que l’auteur de ce récit commence par le matin et finisse par le soir : «  Il y’eut un matin, il y’eut un soir ! » Toutes nos journées se déroulent ainsi : d’abord le matin puis le soir ! Même la métaphore que nous utilisons pour décrire le déroulement de la vie suit cette chronologie. Nous sommes « au matin de la vie » lorsque nous vivons notre prime jeunesse. Puis, lorsque nous abordons la vieillesse nous disons que nous sommes « au soir de notre vie » ! L’auteur de la Genèse aurait-il été victime d’un décalage horaire ? Se serait-il mélangé les fuseaux horaires ? Non, absolument pas. L’organisation du récit de la création est une œuvre d’art. La terminologie est parfaitement maîtrisée. Les  images sont ciselées à merveille ! La réponse à ce renversement volontaire de la chronologie de la journée est à rechercher dans la volonté de l’auteur à tracer une perspective d’espérance !

Le dernier mot de chacune des journées est celui du matin et non de la nuit ! C’est celui de la lumière et non de l’obscurité ! Cette volonté est d’autant plus remarquable que l’auteur va décrire le drame de l’humanité : la rupture de l’homme d’avec Dieu et, avec elle, l’introduction de la mort ! Il aurait eu toutes les raisons de tomber dans un pessimisme morbide. Mais il n’en est rien ! Il sait que, tout comme la nuit, la mort n’aura pas le dernier mot !

Ô sagesse de Dieu qui insuffle à l’auteur biblique la finesse de l’écriture pour décrire au milieu d’un récit dont il connaît l’issue, la conscience de l’espérance ! La perçoit-il de manière précise ? Sans doute pas totalement. Ce qu’il sait avec certitude, c’est que Dieu n’abandonne pas sa créature ! S’il le chasse d’Eden, il ne détruit pas l’arbre de la vie qui demeure au centre du jardin. La nuit vient, il ne la nie pas, elle est épaisse parfois longue mais jamais infinie.

Pour nous ce « matin » à un visage. C’est le Christ notre espérance ! C’est le soleil de justice qui s’est levé pour chasser plus que la nuit, les ténèbres ! Il offre à son peuple des matins nouveaux pour que jamais il ne sombre dans la désespérance !

« Il y’eut un soir, il y’eut un matin ! » Sur quel horizon posera-t-on notre regard au cours de cette nouvelle année académique ?

 

                                                                                                                                                    Nordine Salmi

 Genèse 1 : 5, 8, 13, 19, 23, 31

Dernière mise à jour  25-08-2017

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