Unité et vérité 

Ces deux termes sont-ils irréconciliables ? L’unité des croyants d’un côté, l’attachement à la vérité révélée en Jésus-Christ, de l’autre. Doit-on en sacrifier un au détriment de l’autre ? Le chrétien qui cherche à défendre et l’un et l’autre a de quoi se taper parfois la tête contre les murs !

Pour affirmer l’importance de l’unité, nous affirmons volontiers : « Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise ! ».  Belle formule, reprise à l’envie, mais qui ne veut pas dire grand-chose, si ce n’est la volonté de mettre de côté une réflexion, une pensée qui nous conduiraient à peser l’importance de nos différences et la force de nos accords. Mais évoquer cela, c’est déjà, pour beaucoup, le début de la suspicion d’une division. Quant à la vérité, le problème est soulevé par Pilate lui-même : « Qu’est-ce que la vérité ? » Depuis, le relativisme s’est profondément installé dans la pensée de nos contemporains, et parfois même dans celle des croyants. La vérité devient alors malléable à souhait, modulable, en fonction des modes et de nos envies !

Certes, l’histoire nous a refroidis ! Bien des atrocités et des divisions ont été perpétrées au nom de la défense de la vérité. Mais est-ce une raison pour la sacrifier sur l’autel d’une certaine idée de l’unité, sous prétexte que certains l’ont utilisée à des fins perverses ?

Il est bon toutefois de rappeler que la vérité n’est pas en nous. Elle est en Christ ! Sa vie, ses paroles sont vérités ! C’est la raison pour laquelle il affirme : « Je suis la vérité… ». Toute recherche de la vérité en-dehors de la personne de Christ ne peut conduire qu’au relativisme, et donc à l’errance ! C’est dans la connaissance du Christ, dont nous n’avons pas fini de faire le tour, que doit être orientée notre recherche de la vérité.  Tout comme la vérité, l’unité des croyants ne peut avoir d’autre fondement que la personne de Christ lui-même. Nous ne sommes donc pas appelés à vivre une unité émotionnelle, sentimentale, mais une unité pensée, réfléchie. Ce qui ne veut pas dire que l’émotion n’a pas sa place, mais elle découle de la conscience d’une unité manifestée sur la base de l’attachement à la personne de Christ : sa vie, son enseignement.

La tension entre unité et vérité ne peut cependant se vivre sans un autre élément essentiel et fondamental : l’amour. Sans lui « nous ne sommes rien » dit en substance l’apôtre Paul. L’amour n’élimine pas nos différences théologiques, mais il nous permet de les vivre en les assumant pleinement, dans la paix, le dialogue respectueux, la recherche - humble et incessante - de la Vérité.

Cette unité-là, loin d’être amorphe, sclérosante, est au contraire dynamique, porteuse d’espoir, c’est une marche en avant dans la découverte, toujours plus riche, de celui qui est LA Vérité ! 

                                                                                                                      Nordine SALMI

Dernière mise à jour  31-01-2018

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