Pensée de Novembre

Tout, en cette période, nous rappelle notre fragilité humaine : la nature, à travers les plantes qui perdent leurs fleurs et les arbres leurs feuilles ; les hommes qui s’agitent en cette fin d’octobre, dans les cimetières et les groupes d’individus (le plus souvent des enfants) qui errent  sous des déguisements morbides, dans les rues de nos villes et de nos villages,  en célébrant cette fête macabre qu’est Halloween. Le décor est planté pour que nous ayons les yeux rivés sur la fin inéluctable de toute vie. De celle de l’homme en particulier. Bonjour la déprime ! Heureusement le brouillard fréquent en cette période n’est pas (encore) venu se joindre à ce décor funeste. Le soleil, généreux ces dernières semaines, amène un peu de chaleur à ces célébrations qui pointent vers la mort.

Il n’est pas facile de vivre avec la mort ! Elle ne frappe pas toujours avec la violence illustrée par la célèbre  cinquième symphonie de Beethoven. Heureusement ! Le plus souvent elle marque son territoire de manière insidieuse et provoque en nous des questions existentielles. Puis, petit à petit, au fil des ans, elle finit par s’installer en permanence dans nos pensées, comme une vieille compagne.

« Nous n’aimons pas parler de la mort, ou plus précisément de notre mort, ni de celle qui pourrait toucher ceux que nous aimons. La mort des autres, surtout ceux qui habitent un pays lointain ou le monde virtuel, dérange moins. »  Ainsi débute le petit livre de Lydia  Jaeger (1).   Jean Delumeau (2) parle avec une pointe d’humour de ces morts que nous cachons dans des cimetières situés en dehors des villes.  La mort, dit-il en substance, nous rattrape, comme les villes rattrapent ces cimetières que nous avions soigneusement bannis ! La mort, pour reprendre les termes de Lydia Jaeger, est le seul « risque » auquel nul n’échappera.

La mort est une sanction, nous dit la Parole de Dieu,  « le salaire du péché », que nous traînons comme une rançon que nous devrons - tôt ou tard - payer. Nous pouvons célébrer les morts par des fêtes, des chants, des poèmes et même des déguisements, elle est là, avec son lot de souffrance, de larmes et de pourquoi.

Le chrétien n’échappe pas à cette fin inéluctable, ni à son cortège de souffrance. Il aurait aimé pouvoir en être épargné. Il aurait voulu ne pas  devoir affronter ce dernier ennemi, puisque Christ est mort pour lui, à sa place. Mais Dieu, dans son infinie sagesse, le garde solidaire d’un monde déchu, tout comme le Christ s’est solidarisé à notre condition humaine, affrontant, lui le Juste, la mort dans toute son horreur physique et spirituelle.

Si nous avions été enlevés au moment de notre conversion, qui pourrait témoigner de l’espérance qu’est venu apporter le Christ ? Qui pourrait entendre ces paroles : « La vie c’est le Christ est la mort m’est un gain (3)» qui disent avec force que la mort a été « roulée » ! Elle se voulait dominatrice. Elle est réduite à l’état de servante, ouvrant l’accès à la résurrection ! Ce qu’elle pensait produire a été réduit à néant.

Vivre avec la mort n’est pas chose facile. Mais si notre espérance ne nous place pas en dehors de cette réalité, elle nous  rend compagnon de route compatissant, consolateur, éclaireur de toutes celles et ceux qui, autour de nous, vivent dans la désespérance d’un monde hanté par la mort. Nos paroles, nos gestes, nos attitudes ne prendront pas les allures du détachement que produisent souvent ceux qui ne sont pas concernés. Mais ils se revêtiront de l’humble assurance que permet la foi au Christ ressuscité. Ils détourneront le regard fixé sur le trou béant de la tombe pour  l’orienter vers celui qui a dit : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra…  . Crois-tu cela ? » (4)

 

1.      Lydia Jaeger « Vivre avec la mort » coédition Excelsis et Edifac (disponible à librairie de l’Eglise).

2.      Jean Delumeau «  le péché et la peur » édition Fayard

3.      Philippiens 1 :21

        4.     Jean 11 :26

 

Dernière mise à jour  04-11-2017

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